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Cybersécurité à long terme: une approche du cycle de vie de la surveillance minière

Par Jason Chiuchef de groupe de services professionnels chez Axe Canada

Les mines sont généralement difficiles à protéger. Les camps isolés, les vastes périmètres, les climats rigoureux et les actifs de grande valeur créent un environnement où la sûreté et la sécurité sont des priorités constantes. Aujourd’hui, l’exploitation minière n’est plus seulement une affaire de risques physiques. Le recours croissant à l’automatisation, aux capteurs connectés et à la surveillance à distance a introduit une toute nouvelle dimension de réflexion : la cybersécurité.

Si les flux de surveillance sont interceptés, les journaux d’accès effacés ou les capteurs falsifiés, l’impact ne se limite pas au domaine numérique. Les cyber-intrusions peuvent retarder les réponses de sécurité, perturber la production ou compromettre la surveillance environnementale. Bref, un cyberévénement peut devenir un incident physique.

C’est pourquoi la cybersécurité ne peut plus être considérée comme un complément aux opérations minières. Il doit être intégré et géré de manière proactive. Et comme les équipements ou les systèmes environnementaux, la sécurité doit être prise en compte tout au long de sa durée de vie. UN approche du cycle de vie de la cybersécurité garantit que les systèmes de surveillance et de contrôle restent fiables depuis leur conception jusqu’au jour de leur retrait.

L’approche du cycle de vie de la cybersécurité dans le secteur minier

Dans le secteur minier, la réflexion sur le cycle de vie est déjà une seconde nature. L’équipement est inspecté, entretenu et mis hors service selon des calendriers stricts. Les systèmes de sécurité sont testés et mis à jour régulièrement, et la surveillance environnementale est considérée comme une responsabilité à long terme. La cybersécurité nécessite la même discipline.

Pour l’appliquer efficacement, les opérateurs doivent se concentrer sur les systèmes connectés qui soutiennent les opérateurs quotidiens. Les caméras, le contrôle d’accès, les capteurs de ventilation ou encore les outils de gestion de flotte représentent tous des points d’entrée potentiels. Ce sont les domaines dans lesquels les cyber-vulnérabilités peuvent s’infiltrer – et dans lesquels une approche axée sur le cycle de vie doit être envisagée.

Conception et production : sécurisées dès le départ

La cybersécurité dans le secteur minier ne commence pas une fois l’équipement allumé, elle commence dès la phase de conception. C’est là qu’intervient le principe de la sécurité dès la conception : intégrer des protections dans les systèmes dès le départ, plutôt que d’essayer de les corriger ultérieurement. Un périphérique sécurisé dès sa conception peut inclure une racine de confiance matérielle – un identifiant intégré qui prouve qu’il est authentique et inaltéré – ou utiliser un démarrage sécurisé, qui garantit que seul un logiciel vérifié peut s’exécuter lorsque le système est allumé.

Pour les mines, où les équipements passent souvent par des chaînes d’approvisionnement longues et complexes avant d’atteindre des sites éloignés, ces garanties sont essentielles. Prenons l’exemple d’une caméra de bassin à résidus commandée des mois à l’avance. Si les appareils ne sont pas construits selon les principes de sécurité dès la conception, un appareil compromis pourrait être falsifié pendant le transport et déployé sans suspicion. Grâce au démarrage sécurisé et à la racine de confiance matérielle, les opérateurs peuvent être sûrs que la caméra surveillant cette zone sensible n’a pas été modifiée et qu’elle fournira des données précises et fiables dès le premier jour.

Déploiement: connexion sécurisée

Une fois les systèmes installés, le prochain défi consiste à garantir qu’ils se connectent en toute sécurité au reste de l’opération. C’est là qu’interviennent des pratiques telles que les communications cryptées et les réseaux Zero Trust. Le cryptage brouille les données de sorte que même si un étranger intercepte un flux – par exemple, provenant d’une caméra de bassin à résidus ou d’un système de surveillance d’un camion de transport – il reste illisible. Le réseau Zero Trust, quant à lui, est l’idée selon laquelle aucun appareil n’est automatiquement approuvé même s’il se trouve à l’intérieur du réseau ; chaque connexion doit être vérifiée.

Cela devient particulièrement important dans les salles de contrôle, qui sont les centres névralgiques des opérations minières. Si les systèmes d’accès reposent sur des mots de passe obsolètes ou des liens non sécurisés, des acteurs malveillants pourraient les exploiter. En déployant des systèmes dotés d’une authentification forte et de canaux cryptés, les opérateurs peuvent garantir que les journaux vidéo et d’accès restent précis, infalsifiables et prêts pour les audits de conformité.

Exploitation et entretien

Les équipements miniers restent souvent en service pendant des années, ce qui crée des défis en matière de cybersécurité. Un système qui n’est pas mis à jour peut tranquillement devenir un point faible. C’est là que la gestion des vulnérabilités est essentielle : un processus dans lequel les failles connues sont suivies, communiquées et corrigées avant de pouvoir être exploitées. Les mises à jour régulières, ou correctifs, agissent comme des inspections de sécurité des systèmes numériques, les protégeant ainsi contre l’évolution des menaces.

Prenons l’exemple de la surveillance de la sécurité souterraine. Les capteurs de poussière et de gaz sont vitaux, mais ils peuvent générer des alarmes fréquentes. Sans une maintenance adéquate, les attaquants pourraient exploiter les failles pour déclencher de fausses alertes ou supprimer les alertes réelles, entraînant une « fatigue des alertes » et des dangers manqués. Les pratiques de cycle de vie telles que la journalisation sécurisée, les correctifs et la détection des anomalies maintiennent la fiabilité de ces systèmes, garantissant que lorsqu’une alerte apparaît, elle est authentique et prise en compte.

Fin de vie : prendre sa retraite de manière responsable

À terme, les appareils doivent être remplacés. Il ne suffit pas de les éteindre et de les laisser en stockage, car ils peuvent toujours contenir des informations sensibles telles que des informations d’identification d’accès ou des images stockées. Le déclassement sécurisé implique l’effacement de ces données et la suppression des clés de cryptage afin que les anciens équipements ne puissent pas être utilisés à mauvais escient.

Cela est particulièrement pertinent dans les camps éloignés, où des panneaux de contrôle d’accès ou des unités de surveillance obsolètes peuvent persister après les déménagements. Si ces appareils ne sont pas correctement retirés, ils peuvent être exploités ultérieurement pour obtenir un accès non autorisé. En les effaçant en toute sécurité, les opérateurs ferment la porte à des vulnérabilités qui, autrement, survivraient à l’équipement lui-même.

Feedback continu: tester et adapter

Même les systèmes les mieux conçus nécessitent un examen minutieux continu. Le piratage éthique et les tests d’intrusion – au cours desquels des experts de confiance simulent des attaques – aident à découvrir les faiblesses avant que des acteurs malveillants ne puissent les exploiter. Combiné à des programmes transparents de divulgation des vulnérabilités et à des audits indépendants, cela crée une boucle de rétroaction qui fait évoluer les protections.

Pour l’exploitation minière, cela peut impliquer de tester les réseaux qui relient la logistique de la mine au port ou de valider les serveurs qui contrôlent la ventilation souterraine. Ces exercices rassurent les opérateurs sur le fait que les systèmes critiques résisteront aux tentatives réelles de falsification ou d’intrusion, protégeant ainsi à la fois la productivité et la sécurité.

Cyber ​​​​drapeaux rouges à surveiller

Même avec la cybersécurité du cycle de vie en place, certains signes avant-coureurs suggèrent que les systèmes pourraient dériver vers un territoire dangereux. Les sociétés minières doivent être attentives aux points suivants:

  • Des appareils qui se déconnectent soudainement sans explication.
  • Lacunes dans les journaux ou séquences manquantes indiquant une éventuelle falsification.
  • Appareils non reconnus ou non autorisés apparaissant sur le réseau.
  • Utilisation persistante de logiciels ou de micrologiciels obsolètes.
  • Comptes qui reposent toujours sur des mots de passe partagés ou par défaut.

Chacun de ces éléments indique que des vulnérabilités peuvent déjà se former. Les résoudre rapidement permet de maintenir intactes les protections du cycle de vie.

Meilleures pratiques pour la cybersécurité minière

Au-delà de la surveillance des signaux d’alarme, les opérateurs miniers peuvent prendre des mesures proactives pour renforcer la cybersécurité tout au long du cycle de vie. Les pratiques clés comprennent:

  • Discipline des achats: écrivez les exigences en matière de cybersécurité dans les contrats, y compris les attentes en matière de mises à jour, de support et de déclassement sécurisé.
  • Collaboration interfonctionnelle: impliquer le personnel des technologies de l’information, de la technologie opérationnelle et de la sécurité dans la planification, la surveillance et l’intervention.
  • Correctifs et mises à jour réguliers: traiter les mises à jour des micrologiciels et des logiciels avec la même urgence que la maintenance mécanique.
  • Contrôles d’accès plus stricts: appliquez des autorisations basées sur les rôles, une authentification multifacteur et une vérification au niveau de l’appareil avant de rejoindre les réseaux.
  • Surveillance et alerte: configurez les systèmes pour signaler les anomalies telles que les journaux manquants, les arrêts inattendus ou les tentatives d’accès non autorisées.
  • Formation et sensibilisation : équipez le personnel pour qu’il reconnaisse les falsifications numériques et physiques et qu’il signale rapidement les problèmes.

Ensemble, ces pratiques garantissent que la cybersécurité devient une partie normale des opérations minières plutôt qu’une réflexion après coup.

Conclusion: la cybersécurité comme épine dorsale d’un secteur minier résilient

L’exploitation minière est désormais une industrie cyber-physique. Les systèmes qui autrefois enregistraient simplement les incidents devraient détecter, dissuader et documenter les risques en temps réel. Ce rôle ne peut être rempli que si la cybersécurité est intégrée à chaque phase du cycle de vie.

L’approche du cycle de vie fournit la feuille de route: construire l’équipement en toute sécurité dès le départ, le connecter en toute sécurité, le maintenir résilient pendant des années de fonctionnement, le mettre hors service de manière responsable et tester en permanence les protections. La sécurité dès la conception constitue la base, mais c’est la combinaison de toutes les phases qui garantit la résilience à long terme.

Pour un secteur où la sécurité, la conformité et la confiance de la communauté sont primordiales, la cybersécurité du cycle de vie n’est pas facultative. C’est l’épine dorsale de l’intégrité opérationnelle : garantir que les mines restent non seulement productives, mais également sûres et dignes de confiance dans un monde connecté.

Jason Chiu est le responsable du groupe des services professionnels chez Axe Canada. Il a une formation en informatique et en réseaux et a passé plus de 18 ans dans le secteur de la sécurité, en tant qu’intégrateur, consultant et fabricant. Jason est un professionnel de la sécurité physique (PSP) certifié par le conseil d’administration ASIS, formé à la protection des infrastructures critiques (CIP), à la prévention du crime par la conception environnementale (CPTED niveaux 1 et 2) et certifié (ISC) 2 en cybersécurité.

En tant que leader du secteur de la vidéosurveillance, Axis Communications développe et fournit des solutions réseau innovantes qui améliorent la sécurité, la sûreté, l’efficacité opérationnelle et la business intelligence pour nos clients du monde entier.

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